Etude PRORATA (1) : Doser la Procalcitonine vous aide à réduire l'exposition aux antibiotiques.

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Etude PRORATA (1) : Doser la Procalcitonine vous aide à réduire l'exposition aux antibiotiques.
mardi 16 novembre 2010Description
La Procalcitonine (PCT) est un précurseur d'hormone (la calcitonine) qui, sous l'impulsion d'un stimulus bactérien, va être secrétée dans la circulation sanguine par un grand nombre de cellules extra-thyroïdiennes. Reflet de la réponse inflammatoire de l'hôte à l'infection, sa concentration sera d'autant plus importante que l'infection sera sévère et étendue.

Marqueur biologique le plus spécifique de l'infection bactérienne, la PCT contribue tant à un diagnostic précoce, qu'à l'évaluation de la sévérité et au pronostique du patient infecté. Associée à la clinique, sa cinétique permet de monitorer la réponse au traitement, par une prise en charge médicale personnalisée : la PCT se présente donc comme un outil d'aide au contrôle et à l'orientation de la stratégie anti-infectieuse instaurée.

Doser la PCT en réanimation permet de guider l'antibiothérapie. Une étude récente publiée dans le Lancet a encore une fois démontré l'impact et l'innocuité d'une stratégie antibiotique (ATB) guidée par la PCT, cette fois ci sur une large population de patients de réanimation, suspects d'infection bactérienne ne nécessitant pas d'emblée une antibiothérapie prolongée. Use of PCT to reduce patients'exposure to antibiotics in intensive care units (PRORATA trial) : a multicenter randomised controlled trial -L.Bouadma & al Lancet 2010; 375: 463-74.

Dans cette étude multicentrique interventionnelle, randomisée et contrôlée (menée dans 8 USI françaises), Lila Bouadma et ses collègues 1 ont comparé 307 patients d'un groupe PCT (pour lesquels étaient proposés deux algorithmes de stratégie ATB guidés par la PCT : un pour l'initiation et un pour l'arrêt/maintien de l'antibiothérapie) à 314 patients d'un groupe témoin (stratégie ATB s'appuyant sur les recommandations en cours). La PCT fut proposée comme un outil d'aide à la décision, sans prendre le risque d'un éventuel retard à la prise en charge du patient présumé infecté.

groupe PCT, comparativement au groupe témoin.) ni en terme d'évolution (rechute, surinfection, gravité). On observe une réduction de l'exposition aux ATB chez tous les patients des sous-groupes pré-spécifiés, immunodéprimés inclus, principalement dans les PAC (29% des inclusions), PAVM (23%) et bactériémies (17%) (infections abdominales 6%).

Les bénéfices attendus « en pratique courante », liés à une utilisation routinière de ce biomarqueur, seront certainement plus prometteurs : en effet, ces résultats furent observés malgré le non respect de l'algorithme proposé chez 53% des patients du groupe PCT et le nombre de jours vivants sans ATB chez ceux pour lesquels l'algorithme était respecté était par ailleurs plus élevé (+3.2 jours).



Conclusion des auteurs : « La diversité des patients de réanimation inclus dans cette étude laisse penser que ces conclusions pourraient être applicables à l'ensemble des patients de réanimation non-chirurgicaux, immunodéprimés inclus. » « Une stratégie antibiotique guidée par la PCT pourrait réduire la pression de sélection des BMR et ainsi s'inscrire dans le faisceau d'actions liées à la préservation de l'efficacité de l'antibiothérapie. »

D'autres études menées en réanimation viennent conforter l'utilité de la PCT pour réduire la durée de l'antibiothérapie en réanimation : Dans son essai multicentrique interventionnel randomisé, mené dans 7 USI américaines et européennes, Stolz et ses collègues 2 a ainsi démontré l'impact d'une stratégie ATB guidée par la PCT dans la prise en charge de PAVM cliniquement documentées (n=101). Comparés à une prise en charge conventionnelle (ATS/IDSA), les patients du groupe PCT furent moins exposés que ceux du groupe témoin (+3,5 jours vivants sans ATB à 28jrs), sans compromettre leur issue, se traduisant par une réduction de la durée globale d'antibiothérapie de 27% dans le groupe PCT (p=0.038). Cette réduction de l'exposition aux ATB intervient via la réduction précoce du spectre ATB, quasiment deux fois plus rapide dans le groupe PCT : A 72 h, la part de patients passant d'une antibiothérapie combinée à une simple monothérapie atteint 54% chez les patients du groupe PCT contre 28.6% dans le groupe témoin (p=0.008).

Enfin, chez 110 patients chirurgicaux suspectés de ou présentant une infection bactérienne documentée, Hochreiter et Schröder3 ont démontré que l'utilisation de la PCT, associée à la clinique pour conforter l'arrêt de l'antibiothérapie, a permis de réduire de 25% de la durée de l'ATB (-2 jours, p

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